Ecosse [J-15]

Ecosse [J-15]

[J-15]   28.05.19

Dernier jour en Ecosse. Et pas des moindre.

J’ai finalement réussi mon passage tout au Nord de l’Ecosse. En y allant en train, sans le vouloir. Avant de descendre sur Inverness, le train que j’ai pris est monté vers Thurso ! Objectif atteint ? Hum… C’est tricher un peu quand-même. Mais ce n’est pas grave, j’ai passé une journée de dingue.

9h. Me voilà partie avec Albin et Marielle pour la journée, direction donc : LE NORD. Le but pour moi, est de redescendre le plus tard possible sur Inverness. De toute façon, il n’y a rien à faire à l’auberge. La ville ne me donne pas non plus envie de sortir… Je veux savourer cette dernière journée, le plus possible.

J’oublie le Loch Ness. Je ne pense pas à Nessie. Je me laisse conduire. On ira de surprises en surprises. De Comptes en Légendes… Je ne saurais nommer les arrêts, mais je vais te raconter leur Histoire.

 

La première fois, on s’arrête à l’orée d’une forêt où d’étrange tissus sont accrochés aux branches. Plus on s’enfonce sous le bois, plus le nombre de tissu augmente. Chaussettes, vestes, foulards, baskets. On y trouve de tout. LA légende raconte, que bien des années avant la chrétienté, les premiers hommes se rendaient aux Sources Sacrées y déposer un tissu dans l’espoir de guérir des maladies. La tradition perdure encore aujourd’hui grâce aux visiteurs et aux touristes qui y déposent un « petit quelque chose ». La source qui coule ici, était l’une des plus connue à l’époque. On n’est pas mécontent de ce STOP assez étrange, qui nous a bercés quelques instants dans un imaginaire presque féérique.

Nous reprenons ensuite la route.

Direction « une belle plage » et « le meilleur chocolat chaud du monde », selon je ne sais quelle référence de site internet. Tu aurais pu voir cette lumière se refléter sur la mer. Au loin, les nuages menaçants. Devant nous, les rayons du soleil étincelant. La mer est calme. Les mouettes volent ici et là. Une famille vient s’installer pique-niquer au bord des rochers. Shorts pour tous. Tee-shirt pour certains. Mais qu’ils sont fou ! Nous sommes là, nous, avec nos pantalons, nos pulls, et nos vestes imperméables. Défiant le vent et le froid. Je pense à ma Bretagne. Tout est là. Semblable.

 

 

 

On apprécie notre chocolat chaud mais on ne l’élit pas le meilleur du monde. On se pose, on discute. La fin de la matinée arrive déjà, il faut reprendre la route. Qu’elle est belle. On longe les falaises. Les champs de moutons. Le soleil jouant parmi les nuages. La lumière est incroyable. Tu ne peux imaginer le calme et la sérénité qui ressort de ces paysages… On s’arrête « au château ». Je ne saurais dire lequel. Je me laisse portée par l’organisation d’Albin et Marielle. Ce château est très imposant. Le monde qui s’y rend aussi. 12£ pour l’entrée. Encore plus pour avoir accès (seulement accès) à la boutique souvenir. Impossible d’accéder seulement aux jardins. On se regarde, on s’interroge. Pour ma part, j’en ai vu d’autres… On décide alors de faire demi-tour. On s’engage finalement sur un petit sentier qui semble y faire le tour, discrètement, sans trop savoir si on y est autorisé ou pas. C’est magnifique. Appareil photo à la main, je me perche sur un muret pour voir les jardins. Tout est carré. Ou rond. On se retrouve devant le château. Face à la mer aussi. Le cadre est idyllique. On joue avec les photos. Les visiteurs ne pouvant avoir notre point de vue. On se sent privilégiés dans cette exploration presque clandestine. C’est en tout cas, comme cela que l’on se l’imagine. Des aventuriers. On retrouve la voiture, fière, ni vu, ni connu.

 

 

 

On grignote dans un petit port. Aucun de nous n’ayant vraiment très faim, avec le chocolat dans le ventre. Il y a seulement quelques bateaux de pêche. De petites chaloupes. On profite. Cet instant, si calme. Si paisible. Toujours face à ce jeu de lumière étrange sur l’océan. On se raconte : nos anecdotes de voyages. La conversation se poursuit dans la voiture. Tellement, qu’on en loupe la sortie pour notre prochaine découverte (ou aventure). Il aurait été tellement dommage de ne pas faire demi-tour et de passer à côté de cette rencontre incroyable.

Ce petit monsieur, bien écossais, restera dans nos cœurs à tous les trois. Juste avant de s’engager sur « les marches », il nous interpelle. Il commence à nous raconter. L’Histoire du coin. L’Histoire des marches.

Son grand-père a été l’un (ou le) des derniers pêcheurs ici. Pour descendre au « port » il fallait descendre le long de la falaise, par ces fameuses marches. Abruptes, glissantes, dangereuses. Et pourtant, chaque jour et plusieurs fois par jour, des hommes et des femmes les empruntaient. Plusieurs escaliers étaient construits ici. Tous ont été abandonné un certain temps. Mais voilà, que ce petit monsieur en blouse bleu, a décidé il y a plusieurs années, de les remettre à jour avec l’aide d’amis et famille. Il l’a fait, en mémoire à son grand-père, pour lui, pour son Histoire. Travail difficile et long. Mais pas autant que le travail fait par ces ancêtres. Les femmes s’occupaient de remonter les paniers de poissons. Jusqu’à 200 par jour. En gravissant ces 300 et quelques marches. Il nous invite chez lui pour nous montrer une photo d’époque. Noire et blanc évidemment, mais en grand format. Magnifique. Tellement chargée d’Histoire. Les dernières chaloupes sont là. Il nous explique tout le fonctionnement du port. Il nous raconte, qu’il fallait encore descendre les bateaux à l’eau. Les filets. Les poulies… Il parle, et nous l’écoutons, ébahie. On finit notre entrevue aux éclats de rire. Cette histoire, son Histoire, il l’a raconté à des américains qui ne l’ont pas cru. Si je ne me trompe pas, c’était pour eux un « menteur ». A leur retour, il leur fait croire qu’ils ont oublié quelque chose en bas. Un des gars est descendu, puis remonté. En rigolant il leur a dit « Désolé, je suis un menteur ! » On le quitte sur ces mots, pour descendre à notre tour. Je prends encore mille et une photos. A notre retour il nous attend : « Alors ? »

Incroyable évidemment… Cette vue sur les falaises. Ce petit port dont on connait le secret… Il nous demande alors, si l’on peut traduire quelque chose pour lui. Je n’avais alors pas tout compris, et il nous montre son trésor : une épée datant de 1871. Les inscriptions étaient les suivantes, enfin, de ce que l’on a compris : « Mr et Mme Chât, octobre 1871 ». Un cadeau que quelqu’un lui a fait. J’ai des étoiles plein les yeux et mon cœur empli de chaleur grâce à cette merveilleuse personne. Ce n’est pas tout…  Il nous emmène dans sa remise où il possède une autre épée. Celle-ci date de la révolution de Jacobite en 1745. C’est une épée anglaise nous dit-il. Un pur trésor. Une merveille. L’émotion est là.

Ce sont pour toutes ces choses-là que je voyage. Ces rencontres éphémères, que je n’oublierai jamais. La beauté de l’âme. Celle du cœur. Celle du partage.

J’aurai aimé que tu puisses le rencontrer. Discuter. Echanger. J’aurai aimé que tu puisses voyager…

Il est l’heure pour moi de prendre le train et de redescendre. De rentrer en France aussi. Quatre heures pour rejoindre Inverness. Quatre heures à me repasser cette journée mémorable. Quatre heures à refaire le monde. Mon monde.

Merci à Albin et Marielle de m’avoir permise de partager ce petit bout de chemin avec eux. Je ne regrette en rien le Loch Ness ! Ahahah

 

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