Ecosse [J-5 et 6]

Ecosse [J-5 et 6]

[J-5]      18.05.19

N’ait pas peur du vent cette nuit. La tente ne s’envolera pas. Tu m’aurais surement posé la question. Je t’aurais rassuré bien évidemment. J’aurais aimé que tu puisses voir notre belle vue au réveil. Comme tu aurais été réconforté de cette longue nuit de pluie, de vent et de froid. J’ai dormi avec deux pantalons, une polaire et ma veste. Je t’aurais pris un duvet plus chaud et plus isolant que le mien.

Tout aurait été oublié au réveil. Les nuages plus ou moins gris, ne sont plus menaçants. D’ailleurs, quelques rayons de soleil arrivent à se propager et se reflètent sur les Lochs. La lumière est si douce. Nous sommes au milieu des montagnes, surplombant cette merveille. Malgré le temps, tout reste si beau, paisible. On est là, seule, perdue dans la nature.

Je te raconte alors la suite. A regret, je prends mon sac et l’on redescend. Je serais bien restée gambader dans cette herbe si verte, sautant de rocher en rocher. Encore une fois, cinq minutes suffisent pour que l’on nous demande où l’on va. Ce fut ainsi toute la journée. Heureusement car la fatigue commence à se faire ressentir. Aux Fairi Pool, nous laissons d’ailleurs nos sacs pour être plus libre, et plus légère. Aucune de nous ne les avons pesés avant de partir, on doit bien être à 10-12kg je pense… Les Fairi Pool. Une rivière, ou plutôt, de nombreuses cascades formant des piscines naturelles. Bleue. L’eau est si bleue. Transparente. Pourtant, la pluie est là. Je n’ose imaginer le paysage lorsque le soleil se montre. Cette rivière, qui traverse les montagnes, de cascades en cascades, de piscines en piscines… Un peu trop touristique à mon goût. La liberté de ce matin s’est envolée.

La visite de la distillerie a été encore plus difficile ensuite. J’ai eu beaucoup de mal à rester concentrée. L’anglais oui, mais pas en fin de journée ! J’ai qu’une envie, me mettre sous la tente, dans mon duvet. Jusqu’à maintenant, tout allait bien. On plantait la tente là où l’on se disait : « hummm ça doit être cool ! ». Ce fut ce que l’on s’est dit lorsqu’on nous a dit que dans un petit village, il y avait un château en ruine. Tout n’est pas forcément rose. On avance avec difficulté. La pluie nous surprend une nouvelle fois. L’eau commence à pénétrer dans nos chaussures. On s’enfonce de plus en plus, dans la nature, mais aussi dans le sol. On se rend compte très vite, que l’idée de dormir près de ce château en ruine n’est pas une bonne idée du tout. On rebrousse chemin. Sans savoir où l’on va.

Tous les hostels et l’auberge de jeunesse sont complets. On demande quand même d’y planter la tente. Pour quelques Livres, on aura accès aux douches et accommodations : cuisine, toilettes… On se réjouit finalement de cet échec. Il nous aura amener à une bonne pizza aussi ! Quel luxe ce soir…

 

 

 

 

[J-6]      19.05.19

17h40. Je viens de sauter dans un bus en direction d’Edinburg. « Sauter dans le bus » n’est pas une expression ici. C’est réellement ce qu’il s’est passé. Notre chauffeur anglais c’est positionné devant le bus, le temps que sa femme cours pour lui dire de nous attendre. Le chauffeur nous prévient « vous en avez de la chance, ça fait cinq minutes que j’aurais dût être parti, mais j’avais envie de fumer une cigarette ». On avait pas forcément décider de poursuivre en bus, mais le destin fait que… Parfois, il suffit de ne pas réfléchir, et de prendre ce qui nous vient sous la main.

On l’a fait. On vient, avec Gaëlle, de traverser l’Ecosse en une journée de STOP. Bon ok, on finit en bus. Seulement par ce que l’on est épuisée. Qu’il nous faut du calme et un moment pour se poser. La journée s’est pourtant bien déroulée. En sortant de l’auberge ce matin, on a à peine le temps de lever le pouce, qu’une voiture s’arrête : le français qui nous a déposé dans le village la veille au soir ! Même si l’on c’était donné rendez-vous, nous n’aurions pas réussi à faire plus ponctuel. Il nous dépose au premier CO-OP, magasin classique où l’on se réapprovisionne de deux trois bricoles. Barres de céréales, jus de fruit et… je craque pour du BON pain. La demie-baguette passe bien… Surtout qu’il nous faudra attendre trente bonnes minutes pour qu’une voiture s’arrête de nouveau. De nouveau des têtes que l’on connait ! Ils nous prennent de nouveau, pour nous déposer cette fois à Eilean Donan Castel. Un des plus célèbres châteaux ici. Je ne te cache pas que je m’attendais à un plus grand château. Celui-ci est typique des forteresses de protection durant les guerres. Il a d’ailleurs été en grande partie détruit par une des invasions espagnoles. Repris et reconstruit ensuite par une très grande famille, des centaines d’années plus tard. Il est encore en partit habité et de grands films se servent souvent de sa structure comme figure et lieu de tournage. Chaque pièce nous intrigue, surtout celles restant fermées, ou les portes les plus secrètes nous donne envie de les explorer. Notre imagination nous emmène alors bien au-delà de l’histoire possible.

Revenons à la réalité et à cette rencontre incroyable. A la sortie du parking, un van s’arrête pour nous demander notre chemin. On discute, il et cool, il nous prend. Depuis le début, on fait confiance à notre instinct. Si le gars, on ne le sent pas, on ne monte pas. Une des règles d’or du STOP. J’ai oublié de te dire, que l’on a déjà refusé de monter dans deux voitures. Mais celui-là, ce gars-là, c’est le rêve de tous les auto-stoppeurs je pense. La conversation se met très vite en place. Il nous explique, il suit un groupe de motard, il transporte leurs affaires… Mais il se rend compte qu’il l’on un peu pris pour un « pigeon ». Donc il en profite pour faire ces petits trucs à lui sur la route histoire de se faire plaisir (bon, ok, je te raconte vraiment en gros). Il nous demande, directement, de lui faire signe si l’on veut s’arrêter sur la route pour prendre des photos. Notre joie explose ! C’est une des contraintes du STOP, on ne peut pas s’arrêter toutes les cinq minutes pour admirer le paysage… D’ailleurs, il est dans ce regret-là. Lui aussi aimerait bien en profiter plus, mais la route ne s’y prête pas. Trop escarpé, ou trop de monde sur les car-park. Après avoir roulé pendant une heure, on arrive enfin à s’arrêter. Je prends mes petites photos, et quand je remonte dans le van, voilà qu’il me propose des super biscuits ! Je regarde Gaëlle, est essaie tant bien que mal de glisser dans son sac, tous les paquets de chips qu’il nous a gracieusement offert ! Wouhaw ! Lorsqu’il nous dépose après plus de 1h30 de trajet, un nous offre de nouveau, snickers, chips et bières ! On saute de joie ! Il nous propose même de l’argent, pour si on est en galère… Là s’est trop… On lui explique vraiment que le STOP, on le fait pour le plaisir, et non pas par ce qu’on ne peut se payer le bus. Ses paroles nous touchent beaucoup. Il est sincèrement désolé de ne pouvoir nous emmener plus loin, mais nos routes divergent. Il doit à contre cœur, retrouver ses amis motards avant la nuit.

Les longues heures sur la route me poussent à réfléchir à la suite. Gaëlle va rentrer en France dans quelques jours. Le STOP est-il une bonne idée pour monter dans le nord de l’Ecosse ? Louer une voiture serait-il plus judicieux ? J’aimerais pourvoir profiter un peu de la mer, et faire une traversée en bateau, mais laquelle ? Tout reste à voir encore. Ce sont les arts d’un voyage non organisé…

 

Eilean Donan Castel

One Reply to “Ecosse [J-5 et 6]”

  1. Bonnes températures pour nous, mais nous n’avons pas les paysages magnifiques que tu décris si bien ! 😘

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